Collectif de Septembre : une rentrée chargée !

Tout n’est pas rose.
mardi 11 septembre 2012
par Ben
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Introduction au collectif du 6 Septembre 2012

Bonjour à tous,

J’espère tout d’abord que vous avez passé d’excellentes vacances, qu’elles vous ont permis de recharger les batteries pour vous donner l’énergie nécessaire aux luttes indispensables de cette rentrée. Indispensables à tous les niveaux : contre les plans d’austérité imposés par le traité Européen à tous les Etats de la Zone Euro et tant espérés par le grand patronat, le capital, les dirigeants du Crédit Agricole.

Lors du dernier Collectif, je nous félicitais pour la première étape qui avait permis l’éviction de Nicolas SARKOZY et de son gouvernement, nous étions en attente des résultats des législatives qui aboutiront à une majorité socialiste à l’Assemblée Nationale.

Nous exprimions alors nos craintes sur l’avenir des choix politiques de la Sociale Démocratie prise entre ses promesses électorales, les revendications des travailleurs et le poids des marchés, du MEDEF, des directives européennes.

La Conférence Sociale s’est tenue les 9 et 10 juillet dernier, réunissant près de 300 participants, dont les représentants de toutes les organisations syndicales et patronales. Un discours d’ouverture du Président de la République a précédé l’organisation de 7 tables rondes thématiques présidées par les ministres, secondés par des experts. Enfin le premier Ministre a conclu les travaux en fixant une feuille de route sociale pour les mois à venir. Le gouvernement retient 3 grands défis :
-  le redressement des comptes publics,
-  la compétitivité des entreprises,
-  la lutte contre le chômage et la précarité.

Inutile de vous dire que le MEDEF, relayé par certaines OS, a mené immédiatement l’offensive, considérant que le coût du travail est trop élevé, que les entreprises ne peuvent plus financer seules la protection sociale compte tenu de la compétitivité internationale. Il faut, bien entendu selon eux, un transfert des cotisations vers la CSG, un assouplissement du marché du travail. En clair, vous l’aurez compris, les ouvriers sont coupables et doivent payer encore alors que les seules Entreprises du CAC 40 bénéficient déjà de 172 milliards d’allègements de cotisation pour les bas salaires, et d’exonérations fiscales, que le code du travail est détricoté régulièrement.

Inquiétant !!

D’autant que lors de l’université d’été du MEDEF, Jean-Marc Ayrault a insisté sur la compétitivité et sur le fait qu’il n’y avait pas de création de richesse sans les Entreprises.

Ce niveau de revendication patronale peut pourtant surprendre alors que l’heure de l’austérité aurait sonné, l’austérité dans la réduction des dépenses, mais à priori pas dans les exonérations.

En effet, le 9 aout dernier, le conseil constitutionnel a décidé que la ratification du traité européen, TSCG ou « pacte budgétaire », ne nécessitait pas de révision de la constitution. Le gouvernement va convoquer dans les semaines à venir une session extraordinaire du parlement pour ratifier le traité et faire voter la loi organique qui inscrirait dans la législation « la règle d’or » budgétaire, obligeant à prendre des mesures d’austérité.

L’Union européenne pourrait même intervenir lors de la discussion du budget au parlement, le traité aurait une autorité supérieure à celle des lois. Le gouvernement n’aurait donc pas à convoquer le Congrès ou une majorité des trois cinquièmes est nécessaire, il lui suffirait de faire voter deux textes à la majorité simple par l’Assemblée Nationale et le Sénat : l’un sur la ratification du traité et l’autre devant être « une loi organique », loi d’application de la constitution ayant autorité sur les lois ordinaires.

La « règle d’or » ferait ainsi son entrée dans la législation Française. Cette règle établirait que le « déficit public » ne pourrait excéder 0,5 % du PIB contre 3 % prévu par Maastricht, la loi organique prévoirait un mécanisme correctif automatique. Cette règle d’or s’imposerait à l’Etat (fonction publique), aux collectivités locales et à la Sécurité Sociale.

Inutile de vous dire que le TSCG imposerait toutes les mesures de rigueur aux travailleurs, aux ouvriers. Ce traité porterait un coup sévère à la démocratie et à la souveraineté des Etats. François HOLLANDE affirme qu’il a respecté ses engagements en renégociant le traité, signé le 2 mars dernier par Nicolas SARKOZY, il n’en est rien puisqu’il fait référence au pacte de croissance qui a seulement été annexé au relevé de conclusion du sommet européen des 28 et 29 juin dernier. Hier François CHEREQUE de la CFDT annonçait être plutôt favorable à la ratification du traité mais qu’il allait d’abord consulter ses bases, quelques temps avant il exprimait son accord aux réductions de cotisations transférées vers la CSG pour accroître la compétitivité et réduire le cout du travail.

Cette mesure permettra seulement d’augmenter encore les bénéfices pour redistribuer aux actionnaires, toujours plus avides de résultats, la part des cotisations non payée par les entreprises.

Pour nous, la Sécurité Sociale est issue des luttes des travailleurs, de la réflexion du Conseil National de la Résistance, pour un monde meilleur et solidaire selon la devise « tu cotises en fonction de tes moyens, tu reçois en fonction de tes besoins » : il s’agit du salaire socialisé.

En 1946, Ambroise CROIZAT alors ministre du travail et de la Sécurité Sociale s’est battu pour que son financement repose sur les cotisations et non sur l’impôt. L’Assemblée Constituante lui a redonné raison à une énorme majorité alors que la France était ruinée.

En mars dernier le collectif, ici présent, a voté une motion pour que les seules cotisations financent la Sécurité Sociale.

Ces premières annonces ajoutées aux délocalisations et mesures de licenciement engagées un peu partout chez PSA, Air France et plus près de nous CACF, CA-CIB, ne sont pas faîtes pour nous rassurer. Mais à la CGT, nous savions que la sociale démocratie avait depuis longtemps, déjà, choisi de collaborer avec les capitalistes, trahissant ainsi les ouvriers. Sans revenir à 1917, ou au front populaire, dans un passé plus récent, rappelons-nous l’ère Mitterrand, avec l’abandon du programme commun, l’adoption du libéralisme sous les pressions de Reagan et Thatcher et avec Jacques Delors qui a piloté la machine à dérèglementer, à détruire les conquêtes sociales de la vieille Europe en présidant, pendant 9 ans, la commission européenne.

L’Espagne, la Grèce, l’Italie partout de fortes mobilisations contre l’austérité, la destruction du code du travail, la précarité imposée se font jour. Tous les fervents défenseurs de Maastricht, y compris F HOLLANDE et JL MELENCHON, devraient se souvenir de leurs responsabilités dans ces choix désastreux et mettre tout en œuvre pour redresser la barre : toute à gauche, à GAUCHE TOUTE. Avec le capital, il n’y a pas de compromis, il n’y a pas de dialogue social, il n’y a que la lutte des classes.

La Confédération ne s’est pas encore prononcée clairement sur un référendum, mais une journée de mobilisation est prévue pour le 9 octobre contre la ratification du traité, d’autres parlent du 30 septembre.

En ce qui me concerne, je pense qu’il faut une mobilisation contre ce nouveau traité et toutes les mesures amenées en débat, il faut que le gouvernement ose, pour restaurer la confiance, prendre des décisions autoritaires pour servir le prolétariat. Il doit Nationaliser, réquisitionner, voire expulser, sanctionner tous ces privilégiés parmi les dirigeants qui, depuis des années, détournent le fruit du travail des ouvriers. Je vais contredire Jean-Marc AYRAULT en disant qu’il n’y a pas de richesse créée sans les travailleurs. Ma dernière remarque doit néanmoins nous interpeler sur l’utilisation même du machinisme, des nouvelles technologies pour remplacer les femmes et les hommes.

Réfléchissons ensemble au Crédit Agricole de demain, NICE, le Système Unique, la dernière étape pour réduire la masse salariale, améliorer le coefficient d’exploitation : Nice est un outil du capitalisme.

Le Capital depuis longtemps a voulu s’approprier toutes les richesses de ce monde y compris nos Caisses Régionales, sous la responsabilité des Conseils d’Administrations et des Administrateurs élus qui se sont détournés de leur mission, ignorants, serviles ou complices. Peu importe, il faut maintenant frapper fort, partout , nous devons à la CGT du Crédit Agricole porter sur la place publique, dénoncer à travers les médias, la responsabilité de nos Conseils d’Administration, de nos Présidents coupables de la destruction de nos vieilles Caisses Régionales à taille humaine, au service de tous, coupables de laisser faire les restructurations, réorganisations, acquisitions, investissements aux conséquences financières et humaines condamnables telles que les destructions d’emplois de CA-CF, de CA-CIB, de Cheuvreux, de Emporiki, de l’informatique, des Caisses régionales, la précarité des salariés, la dégradation de leurs conditions de travail, la précarité des clients étouffés par des facturations comparables aux impôts de la féodalité, appliqués avec autorité pas les seigneurs.

Nous n’avons pas le droit de laisser faire, nous devons mener la fronde, nous devons nous lever tous ensemble pour dire NON, NON. Nous devons désobéir, nous unir, reprendre notre destin en main, pour une autre société, un autre monde, un autre monde où la lune serait ronde et la vie serait féconde. Il ne s’agit pas d’un rêve, mais d’une réelle nécessité et nous pouvons ensemble le réaliser si ce n’est pas pour nous, au moins pour nos enfants. Donnons-nous les moyens collectivement de réussir cette belle mission.


Les adhérents pourront voir le compte-rendu du collectif, après s’être identifiés.


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