Poison violent au Crédit Agricole

Conditions de Travail
mercredi 15 juillet 2015
par Ben
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La contestation et la revendication par la grève n’est pas habituelle au Crédit Agricole.

Pourtant ces derniers mois, les salariés de nombreuses entités ont franchi le pas et sont entrés en résistance dans le seul but d’obtenir les moyens de soulager immédiatement des conditions de travail devenues insupportables.

Depuis longtemps déjà la CGT tire la sonnette d’alarme à ce sujet.

Mais les Directions, pourvues d’un accord plein de bon sens (en cours de renégociation) et de techniques innovantes t elles qu’un observatoire national des conditions de travail (déjà décliné localement çà et là en plus des CHSCT) assurent qu’un réel travail de fond est en cours et qu’il faut du temps pour changer les choses en profondeur.

Cependant, parmi la masse des salariés qui vont mal et dissimulent souvent leur état, le nombre de ceux poussés à l’épuisement grandit et de multiples cas de gestes désespérés se produisent dans de nombreuses entités.

Nos dirigeants voient là des cas individuels dans un contexte sociétal difficile mais nous savons tous que la stratégie de performance financière mène les salariés aux sacrifices.

- STOP à la stratégie de Performance Financière
- STOP aux restructurations qui réduisent le nombre de postes
- STOP aux objectifs qui attisent la concurrence entre les salariés
- STOP à la course à l’excellence qui justifie l’incompétence

La CGT dit STOP !!

Déclaration CGT - CNN du 24 juin 2015 – Conditions de travail

« Nous avons plusieurs choses à dire certaines un peu hors sujet compte tenu du comité de groupe d’hier mais qui en fait rejoignent le sujet des conditions de travail et doivent nous mener à réfléchir.

Hier aurait pu être une journée exceptionnelle comme inscrit à l’ordre du jour du Comité de Groupe, mais à priori rien ne change, il y a les annonces claires et les non-dits habituels bien plus importants encore, il faut juste savoir lire entre les lignes ! Une heure pour entendre plaintes et complaintes « ce n’est pas nous ! », des affirmations, des annonces :

- sur la gouvernance « les Caisses Régionales depuis 1989 ont toujours eu le pouvoir »,
- sur le mutualisme : « caractérisé par la démocratie et la solidarité de ses membres »,
- sur le groupe : « solide, les ratios confortables mais plus difficile pour CASA avec la hausse des taux, les plus-values latentes qui comptent en solvabilité, le switch qui devrait être activé et la remise en cause du compromis danois pour les banc assureurs. »
- « il faut sauver le nom Crédit Agricole pour mettre le Groupe à l’abri ; il faut renforcer les fonds propres de CASA ; le groupe doit jouer Collectif ; notre avenir c’est le prudentiel, la solvabilité, il ne faut pas passer juste ras. »
- « Dans ce contexte-là, faut-il être conservateur ou progressiste ? »

La réponse ne tarde pas :
- « il faut rompre avec le modèle ! » ; « commercial, digital, multicanal et relation clientèle ».
- « la somme des règlementations ; le projet européen de séparation des activités nous mettrait en difficulté concurrentielle avec les banques américaines »
- sur le modèle anglo-saxon « qui s’impose à nous : réduction de bilans, titrisation, rupture »
- « impact sur le financement de l’économie »
- « impact sur la marge d’intermédiation et par voie de conséquences sur le PNB »
- « abaissement des charges fixes »

Viennent ensuite des annonces de coopérations internes et externes, des plateformes communes, des incertitudes pour les emplois de demain : une évolution en fonction de quoi ?

Avec toujours un objectif d’abaissement du coefficient d’exploitation et une perspective de baisse de PNB d’activité ?

Nous sommes d’accord avec vous, il faut rompre avec le système et revenir à celui d’origine, coopératif, mutuel.

Il faut rompre avec le modèle commercial d’objectifs absurdes et financiers, rompre avec le modèle managérial, celui de la performance, de l’excellence et de la mise en concurrence et oui il faut être progressiste !

Nous souhaitons aussi revenir sur la crise de 2008 car les faits sont là : toutes les banques, sans exception, sont concernées par ce détournement massif des fonds des déposants à de seules fins spéculatives, avec l’accord tacite d’un Etat bourgeois partisan et d’une organisation adaptée.

Tant que la rentabilité et les gains étaient là, avec pourtant les mêmes conséquences, tout aussi graves pour les populations, nous avons vu les dirigeants des banques se pavaner devant les écrans, à la City ou ailleurs, tel s des héros hollywoodiens, sauveurs des emplois et de l’économie.

Mais dès que la crise est apparue, les héros du capitalisme financier sont devenus couards, accusateurs, fuyant toutes leurs responsabilités.

Et aujourd’hui, les revoilà comme si de rien n’était !

Comment ont-ils réussi à passer entre les gouttes ?

Premièrement, ils détiennent le pouvoir parce qu’ils détiennent l’argent. L’argent des autres direz-vous… certes mais cet argent est puissant :il sert à acheter, les médias, le silence, il sert aux fins de mois difficile d’un état endetté, il sert à financer tous les rouages de l’économie et à corrompre aussi ! Le capitalisme n’a certes pas le monopole de la corruption, néanmoins il détient la première place et en use autant qu’il peut avec son réseau d’influence à tous les niveaux des pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire et médiatique.

Mais ce n’est pas suffisant, il fallait encore trouver aussi l’adhésion de toute la hiérarchie, de toute la pyramide salariale, l’asservir pour ses besoins et dans ce domaine, la sémantique en témoigne avec l’utilisation devenue courante et banalisée du terme « collaborateurs » pour désigner des subordonnés exécutants.

Deuxièmement, ils manipulent à la perfection les techniques d’endoctrinement et pour s’en convaincre et bien comprendre les mécanismes de cet asservissement, le livre de Vincent de Gaulejac « la société malade de la gestion » est une aide précieuse.il décrit simplement le modèle retenu par les entreprises, quels que soient leurs statuts, y compris coopératif ou associatif : un modèle basé sur le management de la qualité, un modèle répandu comme LE modèle à suivre, avec le soutien des institutions Européennes.

La clé de voute de ce modèle réside dans l’idéologie de gérer et entretenir partout des valeurs comme le goût d’entreprendre, le désir de progresser, la célébration du mérite et le culte de la qualité. Qui pourrait s’opposer à de telles valeurs ? A priori personne ou presque, alors nos professions n’échappent pas au Modèle et les concepts clés de l’idéal de qualité se retrouvent dans tous les métiers sous la forme d’une équation magique qui tourne en boucle indéfiniment.

Les termes utilisés semblent marqués par l’évidence alors qu’ils sont porteurs de significations multiples et contradictoires. Alors les simples salariés, au profil psychologique dit de « battants », vont malgré eux adhérer et entrer dans la compétition, c’est le profil type recherché, formé et exploité pour l’atteinte d’objectifs financiers ou commerciaux. Le type jusqu’au-boutiste survit dans la compétition, dans le dépassement de soi et se retrouve consacré par la réalisation d’objectifs ; et peu importe comment, c’est seulement le résultat qui est reconnu.

Cette compétition, nous la connaissons et ses conséquences aussi, parce que s’il y a les meilleurs, il y a les moins bons.

Parmi les meilleurs, parfois tous les moyens sont bons. Et puis il y aussi le temps où l’on est le meilleur et d’autres temps ensuite… Souvent les conseils de discipline se soldent par un licenciement aux motifs d’insuffisance (par rapport à l’atteinte d’objectifs), ou pour faute grave (pour non-respect des consignes pour réaliser l’objectif), puis un troisième motif pour refus de faire et/ou dénonciation de pratiques non respectueuses de la dé ontologie ou de la morale : ce sont les « lanceurs d’alerte » !

Dans un système d’ordre et de tâches aussi contradictoires, le salarié quel qu’il soit et malgré toute sa bonne volonté se met systématiquement en danger et l’organisation patronale se trouve ainsi protégée en faisant porter toute la responsabilité à l’exécutant.

Qui est responsable ? Le salarié cloitré dans son monde étroit et lumineux ou la classe dirigeante qui utilise ces méthodes de manipulation psychologique à des fins purement financières au service du capital ? »

La peur n’éloigne pas le danger ! Quelle que soit la classe de notre emploi nous sommes tous concernés, unissons-nous pour exiger les moyens de travailler sereinement !

Exigeons ensemble des effectifs supplémentaires, des outils appropriés, des méthodes adaptées, le droit à la déconnexion et la juste reconnaissance de nos efforts quotidiens !


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