Retraite supplémentaire, une endorphine qui anesthésie la lutte

mercredi 25 novembre 2015
par Ben
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Déclaration CGT lors des négociations fédérales du 19/11/2015

La négociation de l’évolution du dispositif de retraite supplémentaire déjà en place au Crédit Agricole n’est pas une demande de la CGT.

Vous inscrivez ce sujet dans le cadre du chantier rétribution globale.

Pour rappel, ce chantier a clairement établi que le salaire fixe et cotisé des salariés des caisses régionales est devenu dans le temps très nettement inférieur à celui des salariés des autres banques françaises. Et vous avez affiché la volonté de redonner du poids au salaire cotisé en vous souciant soudainement des conséquences directes sur le salaire différé, en d’autres mots la retraite des salariés en inactivité professionnelle.

Travailler efficacement ce sujet impose de répondre à quelques questions :
- La première : comment en sommes-nous arrivés là ?

    • Vous justifiez l’insuffisance du salaire fixe et cotisé par un déséquilibre entre les éléments de rémunération.
    • La convention collective en mettant en place la diversification des formes de rémunération est donc à l’origine du problème. Mais il est vrai qu’elle n’en est pas la cause, elle n’est que l’outil qui vous permet de piloter la maitrise de la masse salariale. C’est bien votre volonté de freiner l’évolution des salaires quitte à développer d’autres formes de rémunération qui a conduit à cette situation. Et cette politique salariale vous l’avez mené sans vous soucier de l’intérêt des salariés grâce au bel outil de pilotage négocié à une époque où verser de l’intéressement vous coûtait beaucoup moins cher qu’aujourd’hui.
      - La seconde : comment compenser les effets de cette dérive ?
    • Dans la communication aux salariés, il s’agirait d’augmenter le salaire de base sans perdre de vue son effet bénéfique sur la retraite par répartition. Et dans les faits, il ne s’agit pour vous que de rectifier quelques équilibres, modifier l’outil conventionnel pour ce qui vous coûte trop selon vos propres dires (la garantie individuelle d’évolution de salaire de niveau 1), pour ce qui n’est qu’une source d’ennui pour vous (la garantie collective d’évolution de salaire de niveau 2) mais aussi provoquer la mise en place d’une réelle rémunération variable. Dans la perspective, de nouveaux allègements de cotisations, vous restez une fois encore dans le seul pilotage de ce qui vous est favorable.

Pour les salariés, le jeu des vases communiquant ne leur offrira rien de plus en terme de pouvoir d’achat et sans doute moins pour ceux dont la part garantie de la rémunération variable va baisser. Les salariés proches de la retraite sont lésés dans le calcul de leur retraite par un salaire bas et le rééquilibrage ne changera rien. Si le projet arrive à terme, les plus jeunes disposeront d’une base garantie toujours en deçà de celle du marché. Si rien ne change, les effets bénéfiques sur les caisses de retraite seront engloutis par les nouvelles exonérations de cotisation offertes au patronat.

Alors poussés par les salariés dont le pouvoir d’achat satisfait aujourd’hui les besoins de base et dont la préoccupation actuelle est devenue fiscale, vous proposez d’améliorer la retraite supplémentaire. Et votre effort est tout particulièrement dirigé vers eux.

Vous justifiez la nécessité d’une retraite supplémentaire par la dégradation prévisible selon vous du taux de remplacement des retraites par répartition.

Et nous à la CGT, nous savons bien que l’avenir des régimes par répartition repose sur la lutte que les salariés livreront pour faire augmenter leur salaire y compris en supprimant les exonérations de cotisations qui sont une part de leur salaire gagné, la lutte qu’ils maintiendront pour faire appliquer l’égalité salariale. La retraite supplémentaire est à la retraite par répartition ce que l’intéressement est au salaire, une endorphine qui anesthésie la lutte et engendre des lendemains douloureux.

A la CGT nous ne sommes pas favorable à la retraite supplémentaire mais nous avons néanmoins écouté vos propositions et vos arguments et nous nous permettons de dire que si votre intention était réellement d’offrir un plus aux salariés, nous ne comprenons pas la différence de traitement que vous faites entre les cadres et les non cadres, les taux de remplacement différents que vous exposez s’appliquent à des salaires différents et in fine le montant de pension d’un inactif ancien cadre est toujours plus élevé que celui d’un autre inactif. L’équité voudrait que vous donniez plus au non cadre et l’égalité serait à minima acceptable.

Par ailleurs, le chantier rétribution globale tel que proposé ne va pas augmenter le pouvoir d’achat annuel des salariés du CA, nous exigeons que ce chantier ne le réduise pas.

Vos propositions sont aujourd’hui pour nous encore plus inacceptables et votre chantage perpétuel à la signature de toutes les entités de la branche pour appliquer des mesures que vous avez convenues dans le cadre du dialogue social démontre la considération que vous avez pour ce dialogue et les salariés qui en dépendent.


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